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Il n’y a pas d’âge pour choisir sa vie !

Photo by Edwin Andrade on Unsplash

Quand les “Maisons de retraite” se sont transformées en “EHPAD”, nous sommes passés de “l’habitat où l’on se retirait” à “l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes”… N’est-il pas temps de privilégier le vocable et les approches qui soutiennent l’autonomie et la liberté ?

Institution chargée d’accueillir et d’accompagner des personnes de plus en plus dépendantes et de plus en plus touchées par des troubles cognitifs, les EHPAD sont devenues des lieux de vie de plus en plus médicalisés.

A l’aube d’une génération de papy-boomers issus de la génération mai 68, chacun imagine les solutions “de demain”.

Comment déployer des équipes chargées de prendre soin des dernières années de la vie dans les lieux où les seniors feront le choix d’habiter ?

Les enjeux sont :

  • de prévenir la dépendance, l’accident, les troubles cognitifs
  • d’accompagner les projets, les capacités, les changements et de soutenir l’autonomie
  • de soigner en tenant compte de toute les dimensions de la personne (physique, psychologique, intellectuelle, spirituelle) et en évitant les hospitalisations
  • de garantir une citoyenneté à part entière dans la cité
  • de conserver sa dignité intrinsèque et son utilité sociale

Désireux de rester le plus longtemps possible chez eux, les nouveaux seniors sont sensibles au choix de leur habitat et engagent des travaux permettant de faciliter une période de dépendance (opération, accueil d’un parent âgé, d’une personne porteuse d’un handicap…). C’est un bon début mais cela ne fait pas tout !

Afin d’accompagner le vieillissement, chaque territoire a pour mission de construire le parcours d’accompagnement des seniors

Une structure médicale (hôpital de proximité, centre médical gérontologique, accueil dédié au centre hospitalier…) formée à l’accompagnement des personnes âgées, y compris désorientées, sera en appui pour les médecins traitants sur les questions du Grand Âge. Ces structures proposeront autant des bilans, de la prévention, que des moyens d’intervention pour des analyses, des diagnostics, de la réadaptation ou du soutien au domicile. La téléconsultation et la téléexpertise permettront l’accès à des spécialistes sans prendre le risque du déracinement d’une hospitalisation et du transport. Le partage sécurisé des données de santé viendra faciliter l’interaction des professionnels du parcours de santé autour des séniors et facilitera la qualité de la télémédecine.

L’actuel EHPAD, riche de son expertise, est légitime à devenir un des maillons du parcours de santé. Capable de proposer autant une offre de prévention, de soin, d’accompagnement, d’activités partagées et inclusives, d’aide aux aidants, de soutien psychologique, l’ancien EHPAD accueillera autant les personnes qui ne peuvent plus rester à domicile de manière permanente que celles qui viendront le temps d’un séjour plus ou moins long, pour un repas, une activité ou un rendez-vous de santé.

Autant soin qu’accompagnement, la santé regroupe aujourd’hui les missions dévolues tant au secteur sanitaire qu’au médico-social et au social. Au sens de l’OMS, « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Cette définition n’a pas été modifiée depuis 1946.

Soutenir la santé des seniors dans leur lieu de vie imposera de décloisonner les services aujourd’hui sectorisés par activité (EHPAD, SSIAD, SAAD, SAPSAD…), par lieu d’exercice (hôpital, établissement, domicile) et par type de structure (publique, privée sous forme associative, privée sous forme de société) pour les mettre ensemble au service des besoins de chaque personne.

Afin de piloter ce décloisonnement, la fonction de coordination devient un rouage clé de l’accompagnement personnalisé. Qu’il soit dénommé “coordonnateur”, “autonomie planer” ou “pilote de parcours”, le coordonnateur recherche la cohérence des différentes interventions auprès de chaque senior.  Il veillera à renforcer l’empowerment des personnes fragilisées par la maladie, la perte d’autonomie, le handicap, la précarité…  il leur permettra d’exercer leurs choix en les informant sur mandat de protection future, la désignation des tiers de confiance, les directives de fin de vie. Une réforme de la protection des majeurs est nécessaire afin de permettre une personnalisation de la protection et l’exercice de la pleine et entière citoyenneté des personnes âgées, quels que soient leur âge, leur état de santé, et leur lieu de vie

Afin de lutter contre l’isolement que peuvent connaître les personnes âgées, nous devrons évoluer dans l’organisation de l’habitat et les relations de proximité afin de favoriser le maintien à domicile et de permettre une complémentarité entre les aidants professionnels et les aidants de proximité (proches, voisins, associations…). Peut-être loin de notre famille, nous serons l’aidant ou l’aidé de notre voisin.

Enfin, les questions éthiques posées par l’évolution de la science, de la société et notamment la digitalisation devront être traitées de manière transversale en instaurant un espace de réflexion éthique dans chaque établissement et service médico-social, associant l’ensemble des usagers, professionnels, et familles qui le souhaitent.

“Être libre, ce n’est pas pouvoir faire ce que l’on veut, mais c’est vouloir ce que l’on peut.” affirmait Jean-Paul Sartre.… 

Avoir le choix, nécessite que des hommes et des femmes acceptent de rejoindre en nombre et en qualité les métiers d’accompagnements et de soin que l’on aura su rendre attractifs !

Avoir le choix, nécessite de choisir… une vraie compétence qu’il est urgent d’enseigner pour réussir un accompagnement sur mesure qui débute au bon moment !!!